Shéhérazade op. 35 de Nikolaï Rimski-Korsakov
La voix de Juan Crespillo, talenteux comédien, a emporté le public dans la magie des Mille et Une Nuits, tandis que le violon de Denitsa Kazakova s’est chargé d’illustrer toute la malice de Shéhérazade.
Inspirée de différents épisodes des contes des Mille et Une Nuits, cette suite symphonique fut composée par Nikolaï Rimski-Korsakov en 1888. Le compositeur avait à l’origine prévu d’intituler les quatre mouvements qui la constituent Prélude, Ballade, Adagio et Final, mais par la suite ils porteront, contre son gré, les sous-titres évocateurs « La mer et le bateau de Sinbad », « Le récit du prince Kalender », « Le jeune prince et la jeune princesse » et « La fête à Bagdad – La mer – Le naufrage du bateau sur le rocher ». Comme il l’explique dans ses Chroniques de ma vie musicale, Rimski-Korsakov ne voulait pas que l’on prenne à la lettre les récits : « C’est en vain que l’on cherche dans ma suite des leitmotifs toujours liés à telle idée poétique ou telles images » ; et la notice jointe à la partition fixe simplement le climat général de l’œuvre : « Le sultan Shahrayar, persuadé de la perfidie et de l’infidélité des femmes, jura de faire mettre à mort chacune de ses épouses après la première nuit. Mais la sultane Shéhérazade réussit à sauver sa vie en le captivant par des histoires qu’elle lui raconta pendant mille et une nuits. Pris par la curiosité, le sultan remettait de jour en jour l’exécution de son épouse, et finit par y renoncer définitivement. »
Juan Crespillo, récitant
Denitsa Kazakova, violon solo
Jean-Christophe Monnier, chef d’orchestre